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Les Coulisses d’Ancient Future 2016

Les Coulisses d’Ancient Future 2016

Une fois la sélection d’artistes du festival Ancient Future publiée, on a vite saisi que le festival misait, pour sa deuxième édition, sur une combinaison de styles musicaux plus variés qu’auparavant. En optant pour des artistes aux productions des sous-genres future beat, electronica ou trap par exemple, le collectif La Bacchanale a offert à Ancient Future 2016 une expérience musicale distincte de ses habituels événements techno et house underground. Compte tenu de la popularité grandissante de la musique électronique à Montréal et dans le monde, il s’agit peut-être du geste nécessaire à la pérennité de ce jeune festival.

Ancient Future se distingue des autres festivals de musique électronique du Québec grâce à son emplacement cardinal, le Quai de l’Horloge dans le Vieux-Port, et sa direction artistique. Dans l’esprit propre à la nouvelle génération internationale d’artistes et d’amateurs de musique électronique, innover quant à la forme de l’expérience musicale et juxtaposer différents styles musicaux est devenu un modus operandi. Écouter de la musique n’a plus aujourd’hui nécessairement à voir avec le genre; la seule constante reste la mouvance des sons, des rythmes et de la danse.

(Photo: Arnaud Dancause)

Photo: Arnaud Dancause

La programmation, avec des têtes d’affiches telles que XXY YXX et TOKiMONSTA, sans oublier les locaux comme CRi, RYAN Playground et Thomas White, a, cette année, attiré davantage de festivaliers d’origine montréalaise tout en marquant une décision artistique clé. Cette ouverture musicale a aussi servi comme matrice de production renouvelée. « Comme nous avons sous-estimé la préparation et la répartition de la production l’an dernier, quelques aspects auraient pu être améliorés. », explique Adrien Orlowski, co-fondateur de La Bacchanale. Cette année cependant, on sentait bien, en coulisses, que les organisateurs tenaient une formule mieux rodée. Un ajustement seyant au nombre croissant de participants, chiffré à 5000 participants cette année, contre 3500 l’an dernier.

Inaugurant la première journée, ce sont les montréalaises Debbie DøE et RYAN Playground qui ont accueilli les plus ponctuels. La programmation s’est montrée harmonieuse lorsque Randomer et TOKiMONSTA ont respectivement pris le relai des scènes Ancient Future et Évasion. La techno minimaliste de Debbie DøE a servi de mise en oreille dégourdie, avant les percussions caractéristiques de Randomer, tandis que le DJ set de RYAN Playground, bariolé de chansons tonifiantes, a aussi bien servi la première partie du live de TOKiMONSTA. En soirée, le label Hungry Music, représenté par Joachim Pastor, N’to et Worakls, a achevé de boucler la première soirée au Hangar 16 dans une humeur de liesse.

(Photo: Jean-Philippe Métivier)

Photo: Jean-Philippe Métivier

Coqueluche des montréalais, Project Pablo a ouvert la seconde journée avec son groove house potelé. Cette fois-ci, il a agrémenté sa formule de nouvelles sélections rap telles que The Chubbster (1991), par Chubb Rock. Une introduction fortiche pour la performance la plus anticipée de la fin de semaine: le new-jersiais Kerri Chandler. Doyen du deep house, ses influences soul, jazz et disco, ingénieusement agencées avec des extraits vocaux et des lignes de basses monstres, n’ont pas manqué de vamper la foule. Au fil de productions comme Atmosphere (LOST DUBS) ou Gabriel par Roy Davis Jr, il a été difficile de quitter (même provisoirement) la scène Ancient Future, pour se diriger vers la scène Évasion où se sont produits CRi et XXY YXX.

Plus tard le même soir, à cause de problèmes douaniers pour le premier et d’imprévus techniques pour le second, Scuba a été contraint d’annuler sa performance et Kobosil d’écourter la sienne, laissant ainsi la dernière plage horaire du Hangar 16 au duo montréalais Or Room. Mais à chaque chose malheur est bon, puisque l’hypnotique techno big room d’Or Room n’aurait pu être plus à sa place que dans un hangar bondé.

Annoncée seulement deux semaines avant le début du festival, une troisième journée y a été ajoutée. Une vraie bénédiction pour les amateurs de la techno riche en textures de Shifted. Son DJ set, au pied de la Tour de l’Horloge, est un bon exemple de la direction artistique qu’Ancient Future s’est dorénavant donné. « Sait-on jamais, peut-être que dans quelques années Ancient Future présentera des performances instrumentales ou, pourquoi pas, des artistes reggae dub… », notait Adrien, en esquissant un sourire.

Écrit par Jean-Philippe Métivier.

Photo de couverture : Arnaud Dancause.


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